Pacte dhonneur de la candidate : proposition n° 2
Mais moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va la retrouver éparpillée par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile. (La méthode participative du tonton flingueur) |
Proposition 2 - Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de réindustrialisation.
Commentaires
Créées par les politiciens pour régler des problèmes d’intérêt général, les agences sont des machins à qui les pouvoirs publics attribuent des missions et un budget tacitement reconductible. Nationale, internationale ou régionale, une agence peut évoluer, fusionner avec une autre mais elle n’est jamais supprimée. La multiplication des agences s’accélère avec la nouvelle étape de la décentralisation, chaque région voulant sa petite cour d’agences et d’observatoires locaux. Il suffit de trouver un thème politiquement et médiatiquement porteur et d’augmenter les impôts locaux en conséquence. Quelques agences : agence française de développement, agence française de l’innovation, agence de l’innovation industrielle (c’est pas la même), agence pour le développement de l’administration électronique, agence française de sécurité sanitaire des aliments, agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (c’en est une autre), agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, agence française de l’adoption, agence de la francophonie (très efficace), agence pour la diffusion de l’information technologique, agence pour la création d’entreprises… et la kyrielle des agences régionales de tous types, comme si les agences nationales ne pouvaient pas faire le boulot en régions ! Nombre des thèmes des agences sont également des thèmes d’observatoires si bien qu’on peut se demander si ce sont les agences qui accouchent d’observatoires ou les observatoires qui enfantent des agences. Les deux sans doute.
Questions
Combien y-a-t-il d’agences (publiques ou para-publiques, nationales, internationales ou régionales) en France ? Je parie que personne n’a la réponse !!!!
Quel est leur budget annuel et quel financement public leur est consacré ? Bien malin qui peut le dire.
Comment sont évalués leurs résultats ?
Combien raisonnablement pourrait-on en supprimer sans que cela ne change un iota pour le présent et l’avenir des français ?
Enfin, quel périmètre, quels objectifs, quel budget, quel financement pour l’Agence nationale de réindustrialisation ?
Lien avec le programme du PS
L’Agence est bien prévue et il en est dit « qu’elle pourra agir préventivement par des aides ciblées. Elle organisera la reconversion des sites et participera à la préservation de nos métiers et savoir faire. Elle pénalisera le comportement des « patrons voyous ». Les restructurations et cessations d’activités devront comprendre un volet économique territorial et une contribution à la réindustrialisation des sites touchés. L’Etat jouera pleinement son rôle d’actionnaire pour favoriser l’emploi et le développement industriel. Un projet de loi sera soumis au Parlement afin d’obliger les entreprises qui délocaliseraient hors de France à rembourser les aides publiques qu’elles auraient perçues. »
Un avis
Toujours l'’illusion d’une puissance publique capable de changer le cours des choses en distribuant des aides « ciblées » (tu parles de la cible !!), en faisant des réglementations et des lois, en punissant les méchants délocalisateurs… Et un conseil : faut pas jouer les stratèges industriels quand on n’a jamais mis les pieds dans une entreprise.
Il y quelque chose de choquant dans cette proposition venant d’un parti de l’Internationale Socialiste : ne devrions-nous pas nous réjouir que la mondialisation crée des emplois en Chine, en Inde,… et partout ailleurs dans le monde car tout pays a droit à prospérer et à atteindre notre niveau de vie ? Au lieu de stigmatiser égoïstement les délocalisations, ne faut-il pas plutôt s’inquiéter pour les peuples qui prennent du retard dans leur développement comme en Afrique ? Quitte à créer un machin, j’aurais préféré que ce soit l’Agence internationale pour l’industrialisation des pays pauvres et le rééquilibrage mondial, afin d’assurer la réussite des délocalisations dans les pays bénéficiaires. C’est qu’à l’heure du développement durable et solidaire, nous, les nantis, ne pouvons plus continuer à abuser socialement, économiquement, écologiquement, comme nous le faisons depuis des siècles, au détriment de milliards d’habitants défavorisés de notre planète. C’est dur, il y aura des dégâts chez nous, et toutes nos énergies, toutes nos actions publiques doivent être mobilisées en priorité pour secourir les victimes, pas pour punir les méchants. Apparemment, les débats participatifs n’ont pas transformé les têtes égoïstes hexagonales en consciences de citoyens du monde.
Et la politique industrielle ? Il ne faut pas parler de réindustrialisation mais de redéveloppement, d’abord parce que la frontière entre industrie et service disparaît et ensuite parce que c’est globalement qu’il faut considérer les choses. Tout candidat à la présidence devrait avoir lu deux livres de Michael E. Porter sur « l’avantage concurrentiel » parus en 1991 et 1992. Il y inventait notamment les « clusters » que les pouvoirs publics et la DATAR ont redécouvert en France, près de quinze ans plus tard, sous le nom de SPL (Systèmes Productifs Locaux) et pôles de compétitivité. Trois leçons pour faire court :
1/ un pays développé qui base sa compétitivité sur les prix est certain de tirer les salaires vers le bas car c’est une course sans fin,
2/ il s’agit pour une entreprise non plus d’acquérir une compétitivité basée sur les prix mais de créer de la valeur pour ses clients,
3/ l’avantage concurrentiel des entreprises ne provient pas d’un environnement national confortable mais des défis et des pressions, l’objectif étant de vendre à des prix élevés sur des marchés mondiaux.
Attention, je parle ici des grandes entreprises faisant face à une concurrence mondiale (on verra le problème des PME ailleurs) et, de plus, le monde et les choses changent vite (par exemple à la concurrence chinoise sur les bas salaires s’ajoute aujourd’hui celle de l’Inde qui attire des centres de recherche du monde entier). Ainsi, des salaires élevés (le SMIC à 1.500 €,en attendant plus), un environnement difficile (35 heures et autres tracasseries ou handicaps), des investissements immatériels dans la recherche et l’innovation (la quasi-totalité des candidats le proposent) sont parmi les conditions qui donneront un avantage concurrentiel à la France. Mais ça sent le programme du PS ça ? Le MEDEF doit en être sur le cul, et le PS aussi d’ailleurs car Michael E. Porter est considéré comme un ultra-libéral.
L’avis du tonton
J’la flingue c’te merde d’agence. Je l’expulse de son usine-à-gaz, j’la déstructure, j’la délocalise et j’dépose sa dépouille aux pieds des patrons-voyous.
Ceci est une proposition du thème : La confiance retrouvée (P.1 à P.6)