11 février : la candidate dévoile les ségos dor 2007
Près de 4.000 débats participatifs ont eu lieu sur les 5.000 prévus. Ils ont généré pas loin de 2.000 comptes-rendus mis en ligne sur le site « Désirs d’avenir ». Sur ce même site, 2 millions de visiteurs ont posté 130.000 contributions dans les 50 débats lancés sur les thèmes de la campagne participative.
Au QG de la candidate, on se gratte la tête, car il y a aussi ce foutu programme du parti dont il ne faut pas s’écarter tout en faisant la différence. Sinon, à quoi aurait servi ce cirque ?
Et puis, il y a encore les rapports des missionnés du PS : Jean-Marc Ayrault pour le dialogue social, Jean-Pierre Bel pour les institutions, Dominique Strauss-Kahn pour la fiscalité et la dépense publique, Bernard Kouchner pour la mise en œuvre du service civique, et d’autres encore dont la madone a oublié le nom et la mission.
Et puis, il ne faut pas oublier les propositions que la candidate a déjà faites, avec la spontanéité déroutante qu’on lui connaît, dans les quatre grands débats participatifs de Strasbourg, Roubaix, Montluçon et Grenoble auxquels elle a assisté.
Et puis, il faut éviter de reprendre ses propositions à la con de début de campagne, comme l’encadrement militaire des jeunes délinquants et les jurys de citoyens. Ce sera dur car elle y tient à ses gadgets.
Et puis, il faut écarter les "pépites" locales, rigolotes, utopiques… qui ont fusé ici et là : interdire les poids lourds sur l’autoroute qui passe près de chez moi, donner des cours d’humanisme à tous les français, faire en sorte qu’on mange bien et pas cher, lutter réellement contre le chômage, voter une loi qui augmente les salaires de 20% dès 2008,… Leurs auteurs pensent qu’ils ont découvert une des clés pour tirer la France vers le haut. Il va y avoir des déçus dans les Cafés du commerce.
Et puis, cerise sur le gâteau, avec la surmédiatisation du 11 février, il ne faut pas décevoir. Si la montagne accouche d’une souris, c’en est foutu de l’épisode « Bécassine entre à l’Élysée »
Dur, dur, la démocratie participative !
Bref, la tâche est quasiment impossible. Mais voilà la candidate qui fait une apparition à son QG, serre des mains et, hélas, parle :
- Je vois que ça bosse ici, c’est bien, continuez.
- Trop de propositions ? je vous l’avais dit que ma méthode redonnerait la parole aux français.
- Le programme du PS ? Ça, c’est le boulot de François. Moi mon programme, c’est le programme des français.
- Bien sûr que c’est moi qui vais trancher. Je lirai toutes les propositions des citoyens-experts, aucune ne restera au bord de la route, même s’il y en a plus de 100.000. Mais ne me donnez que les titres, ça suffit.
Avant qu’elle ne parte, Julien lui glisse à l'oreille : mais c’est impossible, Ségolène. Elle se tourne d’un bloc et lance l’idée géniale de l'instant : Hé bien ! on va les tirer au sort, ces propositions, comme ça je pourrai dire que mon programme c'est aussi celui de Dieu. Après tout, la démocratie athénienne faisait largement appel au tirage au sort, non ? Sur ce, elle tourne les talons et s’éloigne dans la brume socialiste telle une déesse antique.
François court vérifier qu’aucun journaliste ne rode dans les parages, que le brouillage des portables est bien activé, que personne n’a pris de notes… C’est qu’avec elle, il faut toujours être sur ses gardes, on ne sait jamais ce qui lui passe par la tête.
En attendant, il ne reste qu’à prier Notre Dame de Lourdes qu’on fête le 11 février. Et rendez-vous à Montreuil pour le grand discours-programme de la madone.
Chacun se prend à rêver : Pourvu que "Montreuil" la hisse dans les sondages !