La candidate a dit : la décentralisation non, la régionalisation oui

Publié le par Zéro Royal

 

Un sondage montre que trois-quarts des Français jugent suffisante ou excessive la décentralisation. Or la décentralisation est un thème cher (très cher) à la madone des sondages. Allait-elle elle innover en allant à contre sens de ce que pensent les français ? 

Pas du tout. Au congrès de l'ARF (Association des Régions de France), devant ses amis présidents de région (20 socialistes sur 22), elle a proposé la régionalisation, ce qui n'a rien à voir avec la décentralisation à l'ancienne. Ah bon ! D'ailleurs en ségolènais ça donne « la régionalisation par la preuve pour un ordre territorial juste ». Ça a une autre gueule que la misérable décentralisation à la Raffarin.   

Et de prôner un transfert de ressources juste pour chaque transfert de responsabilité et un pouvoir de veto des régions si ce n'est pas respecté. Mais attention, pas de nouvelle loi théorique qui mettrait des années à être appliquée. Comment va-elle faire ? Vous le constaterez par la preuve lorsqu'elle sera aux affaires, car la madone a plus d'un miracle dans son sac.

Considérant qu'un euro dépensé en proximité par les régions est un euro efficace (mort de rire !) et que la région est l'échelon moderne, pertinent des politiques publiques, la candidate veut faire émerger un modèle régional qui pourrait être généralisé pour tirer la France vers le haut.

Et pour terminer son discours, la meilleure ségolénade du jour : Toutes les régions ensemble, ça fait la France. Si toutes les régions marchent, la France marchera et les Français seront entraînés dans ce mouvement.

Je vis en Aquitaine. Je connais bien le Conseil régional, ses élus, ses services. Son président, Alain Rousset, président de l'ARF, ne peut pas encadrer la candidate mais il lui a apporté son soutien en dernière minute car il veut coûte que coûte être ministre (et il le sera). Voici ce que j'ai tiré de l'observation de ce « modèle régional ».

 

Les petits rois de régions

Portés par la nouvelle étape de la décentralisation, galvanisés par la déferlante socialiste des élections régionales de 2004, encouragés par la Commission Européenne qui promeut l'Europe des régions pour court-circuiter les États, les présidents de région ne se sentent plus péter.

Ils sont atteints des mêmes maladies régionales que les politiciens nationaux, sauf que les compétences locales sont des maladies orphelines, les copains et coquins plus nombreux et leur popularité une affaire d'initiés.

 

Le Président a trois obsessions :

- que la Région ne se substitue pas à l'État et n'en assume pas indûment les charges. Mieux vaut ne rien faire que de faire à la place de l'État ce qui revient à l'Etat. Et le citoyen alors ? Quoi le citoyen.

- ne pas se laisser démolir par ses adversaires politiques tapis dans l'ombre d'un département, d'un village ou d'une intercommunalité. De la première pierre du lycée à la distribution des subventions, tout acte du Président est ainsi politisé.

- montrer que, grâce à l'action exemplaire du Président, sa région se classe parmi les meilleures de France. Il y a dans chaque Conseil régional un chargé de mission qui surveille les palmarès utiles au bilan du mandant présidentiel : ah, si on pouvait être la région de France la plus innovante, la plus douce à vivre, la moins écrasée par l'impôt, la plus respectueuse de l'environnement, la moins chômeuse, la plus dynamique,... bref la plus heureuse, tout ça grâce au Président.

Ces trois obsessions concourent au même et unique objectif : être réélu.

La folie des politiques régionales

Les politiciens régionaux ont le syndrome de la grosse tête. Comme les grands de Paris, ils veulent lutter contre le chômage, contre les délocalisations, pour le développement économique durable... Bref, un modèle réduit de petite France. Ça s'appelle la politique régionale. Et ça coûte très cher aux contribuables régionaux que nous sommes :

- cher en communication, pour faire savoir que la Région c'est utile, que les élus font des merveilles trop souvent ignorées,... tout ça à coup de campagnes publicitaires de dizaines de millions d'euros.

- cher en recherche : nous avons une des dix plus grandes Universités françaises (ça veut dire la dixième en comptant le nombre de chercheurs, d'enseignants, d'étudiants, de vigiles, de techniciens de surface,...) et notre Région consacrera des millions d'euros par an pour développer ce pôle d'excellence. Au lieu de trouver rien sur rien, les chercheurs pourront trouver rien sur des thèmes à la mode que la Région s'empresse d'abonder.

- cher en aide aux entreprises : nous sommes le deuxième bassin d'emplois dans le secteur des activités diverses et notre ambition est de devenir le premier en aidant les entreprises à investir dans les technologies porteuses pour ce secteur. Le Président, poitrine gonflée à bloc, va sur le terrain remettre les chèques et serrer les mains des patrons qui se frottent les mains. Quand l'heure du bilan arrive, en tirant tout ce qu'on peut tirer des chiffres politiquement corrects (c'est-à-dire après interprétation politicienne couramment admise), la Région a finalement contribué à créer 427 emplois, alors que dans le même temps 5 000 emplois étaient supprimés, oui mais à cause de la politique laxiste et désastreuse du gouvernement. Ce que le Président de Région oublie de dire c'est que chacun des 427 emplois a coûté des centaines de milliers d'euros aux contribuables et que, sans un centime public, 90% d'entre eux auraient de toutes façons été créés.

Et je ne vous raconte pas le ridicule quand le Président de l'Aquitaine (Budget 2007 : 990 millions d'euros) réussit, après de nombreux appels de son cabinet, à avoir un rendez-vous avec le président de la Catalogne (Budget 2007 : 30 milliards d'euros). Est-ce à dire que les régions françaises sont de tailles ridicules par rapport à leurs homologues d'autres pays européens et qu'il serait sage de les regrouper ? Chut ! c'est un sujet tabou.

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Publié dans zero.royal

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S
et ça :D'autre part, selon le mensuel Capital de juin 2006, elle aurait concentré un tiers des subventions de la région dans sa circonscription des Deux-Sèvres (qui ne représente pourtant que 5,3 % des habitants de la région)elle s'attribue les subventions ... ça s'appelle du vol !!
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Z
Malheureusement c’est la pratique des présidents de région. Ils appellent ça la « péréquation ». On peut aussi l’appeler corruption, clientélisme,…