| Le Président a trois obsessions :
- que la Région ne se substitue pas à l'État et n'en assume pas indûment les charges. Mieux vaut ne rien faire que de faire à la place de l'État ce qui revient à l'Etat. Et le citoyen alors ? Quoi le citoyen.
- ne pas se laisser démolir par ses adversaires politiques tapis dans l'ombre d'un département, d'un village ou d'une intercommunalité. De la première pierre du lycée à la distribution des subventions, tout acte du Président est ainsi politisé.
- montrer que, grâce à l'action exemplaire du Président, sa région se classe parmi les meilleures de France. Il y a dans chaque Conseil régional un chargé de mission qui surveille les palmarès utiles au bilan du mandant présidentiel : ah, si on pouvait être la région de France la plus innovante, la plus douce à vivre, la moins écrasée par l'impôt, la plus respectueuse de l'environnement, la moins chômeuse, la plus dynamique,... bref la plus heureuse, tout ça grâce au Président.
Ces trois obsessions concourent au même et unique objectif : être réélu.
La folie des politiques régionales
Les politiciens régionaux ont le syndrome de la grosse tête. Comme les grands de Paris, ils veulent lutter contre le chômage, contre les délocalisations, pour le développement économique durable... Bref, un modèle réduit de petite France. Ça s'appelle la politique régionale. Et ça coûte très cher aux contribuables régionaux que nous sommes :
- cher en communication, pour faire savoir que la Région c'est utile, que les élus font des merveilles trop souvent ignorées,... tout ça à coup de campagnes publicitaires de dizaines de millions d'euros.
- cher en recherche : nous avons une des dix plus grandes Universités françaises (ça veut dire la dixième en comptant le nombre de chercheurs, d'enseignants, d'étudiants, de vigiles, de techniciens de surface,...) et notre Région consacrera des millions d'euros par an pour développer ce pôle d'excellence. Au lieu de trouver rien sur rien, les chercheurs pourront trouver rien sur des thèmes à la mode que la Région s'empresse d'abonder.
- cher en aide aux entreprises : nous sommes le deuxième bassin d'emplois dans le secteur des activités diverses et notre ambition est de devenir le premier en aidant les entreprises à investir dans les technologies porteuses pour ce secteur. Le Président, poitrine gonflée à bloc, va sur le terrain remettre les chèques et serrer les mains des patrons qui se frottent les mains. Quand l'heure du bilan arrive, en tirant tout ce qu'on peut tirer des chiffres politiquement corrects (c'est-à-dire après interprétation politicienne couramment admise), la Région a finalement contribué à créer 427 emplois, alors que dans le même temps 5 000 emplois étaient supprimés, oui mais à cause de la politique laxiste et désastreuse du gouvernement. Ce que le Président de Région oublie de dire c'est que chacun des 427 emplois a coûté des centaines de milliers d'euros aux contribuables et que, sans un centime public, 90% d'entre eux auraient de toutes façons été créés.
Et je ne vous raconte pas le ridicule quand le Président de l'Aquitaine (Budget 2007 : 990 millions d'euros) réussit, après de nombreux appels de son cabinet, à avoir un rendez-vous avec le président de la Catalogne (Budget 2007 : 30 milliards d'euros). Est-ce à dire que les régions françaises sont de tailles ridicules par rapport à leurs homologues d'autres pays européens et qu'il serait sage de les regrouper ? Chut ! c'est un sujet tabou. |