Le palmarès de la campagne du PS
PALMARÈS DE LA CAMPAGNE INTERNE AU PARTI SOCIALISTE
URNE D’OR : « A bout de souffle 2 » de Laurent Fabius.
Un remake tragique magistralement mis en scène par un des derniers grands réalisateurs mitterrandiens. Son précédent film « Le non de la rose » avait fait un triomphe en Europe, mais celui-ci est encore plus virulent. Un scénario qui entretient le suspens jusqu’à la dernière seconde et une interprétation exceptionnelle contribuent à la réussite de cette œuvre qui fera date.
GRAND PRIX DU JURY MILITANT : « Le diable s’habille en diva » de Ségolène Royal.
Écrit, réalisé et interprété par l’auteur, ce film a créé la surprise dans la campagne. On y suit les pérégrinations d’une jeune provinciale montée à Paris qui emploie tous les moyens pour assouvir ses ambitions. On la connaissait actrice, son premier long métrage en fait une réalisatrice de talent. Deux millions d’entrées dès la première semaine
PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE : François Hollande dans « Ma femme est une actrice ».
Après avoir tourné dans des comédies, François Hollande s’attaque ici à un nouveau registre tout en subtilité. Il parvient à nous faire croire aux angoisses de ce mari écartelé entre l’amour pour sa femme et son devoir de soldat engagé dans une bataille qui le dépasse. Une belle performance d’acteur et un prix remporté haut la main.
PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE : Ségolène Royal dans « La femme qui murmurait à l’oreille des médias.».
On l’a découverte dans « La petite voleuse », aimée dans « Un amour de sorcière », adorée dans « L’ange exterminateur ». Après « Danse avec les éléphants » et « Le bonheur est dans l’après », la voici dans un rôle de femme manipulatrice sans scrupule. Elle y est plus que naturelle et les spectateurs ne s’y sont pas trompés. Le film sort simultanément dans sept cent salles en France, vous ne pouvez pas le rater.
MEILLEUR SECOND RÔLE MASCULIN : Dominique Strauss-Kahn dans « Le dilettante ».
Cantonné dans un rôle de second plan, ce grand acteur pouvait prétendre à mieux. Il porte le film à bout de bras avec le concours d’une Anne Sainclair très convaincante dans un rôle de prostituée médiatique. Le résultat est un film drôle et sans prétention qui se laisse voir.
MEILLEUR SECOND RÔLE FÉMININ : Martine Aubry dans « La haine ».
L’interprète de « La dame des 35 heures », « Au nom de la loi » et « La gloire de mon père » ne tient qu’un second rôle dans ce film mais elle y crève l’écran. Sa haine pour sa rivale qu’elle fera tout pour éliminer sans finalement y parvenir, donne froid dans le dos.
MEILLEUR ESPOIR MASCULIN : Malek Boutih dans « Casino Royal ».
Révélé par « Touche pas à mon pote », ce jeune acteur tient le premier rôle dans cette histoire d’un joueur qui mise toute sa fortune à la roulette sur un seul numéro. La réussite du film doit beaucoup à son interprétation talentueuse. Un jeune espoir qui fera carrière, à n’en pas douter.
MEILLEUR ESPOIR FÉMININ : Nolwen Yven dans « L’effrontée ».
C’est une inconnue qui se révèle ici dans un film militant à petit budget tourné à Quimperlé aux studios MJS. Elle y donne la réplique à Ségolène Royal, personnage principal du film, avec une aisance époustouflante. On attend son second film avec curiosité.
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE : Henri Emmanuelli pour « Désaccord parfait ».
Ce metteur en scène chevronné nous avait habitués à mieux. Une histoire banale, des dialogues inexistants, des acteurs peu convaincants. Heureusement le film est sauvé par le talent d’Emmanuelli mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’il atteigne les sommets du box office.
PRIX DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL : Jean-Luc Melenchon pour « Voyage au bout de l’enfer ».
Le cri du cœur d’un homme dont la vie bascule le jour où une femme machiavélique débarque dans sa vie, Brisé, il ne trouvera le salut que dans des solutions extrêmes. Un scénario hors normes pour un film d’auteur. Bouleversant.
PRIX DU MEILLEUR PREMIER FILM : « Y a-t-il une place dans l’avion ? » d’Arnaud Montebourg.
Après avoir été l’assistant de Laurent Fabius pour « Le non de la rose » Montebourg nous livre son premier film d’auteur. Une histoire embrouillée de naufragés qui s’entretuent pour embarquer dans l’avion du pouvoir. Pourtant, les premières minutes de flottement passées, le spectateur se laisse prendre par ce thriller bien enlevé et réalisé avec talent.
PRIX DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE : « La vérité si je mens 3 » de Jack Lang.
On a longtemps cru que l’auteur préparait un long métrage mais c’est finalement un court métrage qu’on découvre dans cette campagne. Un remake qui n’arrive pas à faire oublier l’original avec, comme d’habitude, une large place laissée à l’improvisation. Du Lang pur cru. Il faut aimer.
MEILLEURE MUSIQUE : Laurent Fabius pour « Cours Lolo, cours ».
Avec pour générique une version remastérisée de « C’est quand le bonheur » de Cali, on pensait le succès assuré, mais des désaccords de fond entre parolier et musicien ont nui profondément à l’unité artistique du récit. Le résultat est un film décevant, à voir uniquement si on aime la musique d’ambiance.
MEILLEURE PHOTO : Claude Allègre pour « Mam’zelle Nitouche ».
Ce film acerbe qui réunit une kyrielle d’acteurs a été présenté en off au cours de la campagne. Des dialogues crus et une musique engagée servent un scénario basé sur des témoignages vécus. Il a fallu beaucoup de talent à Allègre pour trouver des éclairages qui collent parfaitement avec l’atmosphère glauque de ce film qui dénonce la fausseté de l'être.
MEILLEURS COSTUMES : Michel Charasse et Bertrand Delanoë pour « L’homme invisible.».
Le film narre un nouvel épisode des aventures de l’homme invisible qui se déroule pendant une fête de famille. Il fallait de l'imagination pour habiller l’invisible, et nos deux accessoiristes n’en manquent pas,
MEILLEURS DÉCORS : Julien Dray pour « Deux hommes et une femme ».
Trois pupitres de bois crème et beige pour trois candidats au pouvoir, un décor austère réglé au millimètre près pour garantir l’égalité des chances à un jeu télévisé, le tout réalisé par un des meilleurs décorateurs de parti du moment. Le film lui doit beaucoup.
MEILLEUR MONTAGE : Daniel Raoul pour « Peste, mensonges et vidéo ».
Cet angevin a délaissé un instant ses activités de sénateur pour se lancer avec succès dans le montage cinématographique. Tourné avec de petits moyens vidéo des studios DSK Pirate, ce court métrage éducatif ignoré par les circuits de distribution a été plébiscité sur Internet.
MEILLEUR FILM ÉTRANGER : « Chili con carne » de Ségolène Royal.
Encore Ségolène Royal ! Décidément cette artiste est la révélation de la campagne. Tourné en moins d’un mois dans des décors naturels, ce docu-fiction raconte la lutte des femmes pour le pouvoir en Amérique latine, avec Michelle Bachelet qu’on sent mal à l’aise dans son rôle de faire-valoir. Quant au film, on peut se demander si la réalisatrice n’en fait pas un peu trop.
URNE D’HONNEUR : Lionel Jospin pour l’ensemble de son œuvre.
Les films de ce grand metteur en scène ont marqué une époque. Qui ne se souvient de « L’Etat ne peut pas tout.», « 2002, l’odysée du troisième type », « J’ai été naïf », « L’île de la perdition », « L’arlésien » pour ne citer que les plus célèbres. Son ultime film « Dernier recours » projeté en début de campagne n’a pas rencontré le succès escompté. L’hommage mérité que lui rend la profession devrait le consoler de cette déception.